Le lycée : une institution de la citoyenneté
Le lycée n’est pas seulement un lieu d’enseignement qui doit répondre à des besoins programmatiques, il est le lieu du passage de l’individu de l’enfance à l’adolescence il doit à ce titre véhiculer une image pérenne qui marque les esprits – qui ne se souvient pas du lycée Lotfi à Oran, El Idrissi ou L’Emir Abderkader à Alger – ce qui reste dans la mémoire collective c’est bien l’image d’un lieu de vie aussi important qu’un lycée.
Pour ce faire, il nous faut reconsidérer cette image pour y conférer une unité, une forme de monumentalité qui symbolise l’institution.
L’objet offre un front urbain le long de l’axe principal.
Il se décompose en entités fonctionnelles et esthétiques lisibles permettant d’exprimer « une esthétique de l’utile ».
L’organisation en équerre permet de dégager des espaces extérieurs cadrés à la géométrie régulière.
L’atrium véritable espace symbolique du lycée, articule l’administration et le bloc amphithéâtre / bibliothèque et les salle de cours.
Les logements ferment la composition et sont organisés à part.
L’organisation des salles de cours, principal composant du programme, se fait de part et d’autre d’une véritable rue en double hauteur, éclairée zénithalement, elle prend naissance au niveau de l’atrium pour aboutir au niveau des espaces annexes (restaurant, foyer…)
La façade s’étire le long du Boulevard en expriment de manière de manière différentiée l’accès symbolique le bloc déclasse et les services annexes –une monumentalité mesurée exprime l’échelle institutionnelle du lycée.
La façade latérale est plus libre, elle exprime les différents composants programmatiques du projet.
L’atrium véritable articulation, organise l’accès principal, l’administration et en bout de perspective, l’auditorium au rez-de-chaussée et la bibliothèque à l’étage.
La rue double hauteur est l’espace des élèves, la passerelle de l’étage sinueuse à dess…….., permet de casser la linéaire de l’espace et de ménager des doubles hauteur dans lesquelles, s’incrustent escalier et lumière naturelle.
Les espaces annexes ferment la composition et expriment à leur tour la fonction qu’ils abritent
Les logements conçus traversants, retrouvent à une échelle appropriée l’esthétique générale du projet à savoir une écriture moderne modérée
CONCOURS TELEMCEN 5000 PLACES PEDAGOGIQUES
2007
Telemcen, Algérie.
MLM
Le projet s’installe en belvédère sur le point haut du site. Il s’étire le long de l’axe mécanique. L’administration s’installe en signal institutionnel à l’est épousant la courbe du rond point, les départements se posent en épis perpendiculairement à la pente pour libérer la vue à partir de la rue (amphi). Les blocs colorés au sud alors que la bibliothèque véritable projet dans le projet termine la composition architecturale à l’ouest. Une densité contrôlée nous permet dès lors non seulement d’éviter l’étalement du projet (coûteux) mais aussi d’assurer une échelle appropriée à l’institut.
La coupe met en évidence le caractère affirmé d’épine dorsale que joue la rue sur triple hauteur à l’abri du froid glacial et des chaleurs suffocantes de Tlemcen. Elle devient le lieu majeur de la vie estudiantine.
La bibliothèque, projet dans le projet reprend à une plus petite échelle l’idée d’introversion.
Les amphithéâtres profitent de la rue comme dégagement et sont accessibles à partir de placettes gradins encaissées dans le sol.
L’administration signal institutionnel du projet est posée sur pilotis, la vue est libérée sur le paysage (belvédère) et l’articulation de l’atrium gagne en lisibilité.
une véritable rue diagonale organise les départements.
Le projet s’étire le long le long de l’axe , il prend naissance à l’est ou se situe l’administration véritable signal institutionnel et se termine à l’ouest ou se cale avec ses courbes colorées la bibliothèque.
Organisé en « peigne » les départements s’installent perpendiculairement au courbes de niveaux pour laisser le paysage renter au nord un escalier en enfilade crée une « ruelle diagonale »qui prend naissance de la rue.
Les blocs pour bureaux enseignant créent des segments de la rue au sud reliés par des passerelles qui surplombent la rue, ils maintiennent une relation contrôlée avec les étudiants.
Les amphithéâtres étant des espaces compliqués à construire, et générant des flux importants, nous avons opté par leur enfouissement dans le sol, leur toit devient accessible et crée la rue.
Orientée sud, la façade des blocs enseignants est plutôt opaque, les éclairages souvent indirects ont inspiré un jeu de tiroirs colorés, organisés et sortants aléatoirement, qui apportent une épaisseur variable à cette longue perspective.
Le RDC urbain articule au travers d’un hall généreusement dimensionné, les flux venant de la rue et ceux qui arrivent directement de l’extérieur, le reste des activités « publiques » administratives sont organisés autour d’un patio véritable cœur du mini projet.
La bibliothèque se devait, d’exprimer sa singularité à l’intérieur de la cohérence générale.
L’étage courant profite de dualité entre espaces ouverts (lecture) et espaces clos (réserves) pour créer un rapport dialectique entre vide et pleins, courbes et droites, les escaliers organisés en « hélice »stabilisent l’ensemble.
L’étage courant articule deux types d’espaces antagonistes, les espaces ouverts (lecture) et les espaces clos (réserves).
Les circulations verticales organisées en « hélice »structurent l’ensemble.
L’administration est organisée sur deux niveaux et demi au dessus d’un RDC libre, elle élie « subtilement » son caractère « institutionnel »(traitement des ouvertures) et son caractère flottant pour laisser passer, le paysage et faire lire la logique du projet.
Le terrain étant très en pente à ce niveau, nous proposons de récupérer le sous-sol en archives.
UNIVERSITE DE BOUZAREAH
2007
Alger, Algérie.
MLM
6000 PLACES PEDAGOGIQUES BEJAIA
2010
Bejaia, Algérie.
MLM
Le territoire : un ordre majeur
Intervenir sur la plaine d’El kseur nous met dans la situation, inédite pour nous, de nous questionner sur la démarche à suivre.
Nous ne sommes plus « calés » entre deux rues, entre mitoyens mais bel et bien dans le vide ou presque.
Et c’est ce « presque » qui devient en définitive le « tout »
En effet, nous sommes dans un territoire, qui n’est pas vide. C’est une géographie et une histoire ancestrales dés lors, ce territoire devient un matériau à manipuler au même titre qu’un matériau d’architecture. Il devient une structure vivante avec laquelle nous devons travailler le territoire induit donc une échelle macro qu’il faut « tenir » le territoire dans notre cas va induire un « ordre majeur ».
Architecturer le territoire, c’est en révéler le site :
Le territoire qui inclut notre site n’est pas neutre, c’est un vallon de l’ordre de 15 à 20%¨de pente orienté vers le pôle universitaire et la ville d’El kseur. Il domine, il est vu en même temps qu’il regarde la ville. Cette orientation est déjà l’ingrédient majeur qui va nourrir le projet. (croquis1)
Architectur « er » un territoire c’est bien sûre « le blesser ». Toute intervention de l’homme sur un site vierge est en soit une violence, une blessure. Ceci est un fait, la question qui se pose à nous devient «comment faire pour que la blessure cicatrise avec bonheur ».
La réponse à cette question devient le centre de notre préoccupation. Le programme, la taille du projet en deviendrait presque secondaire.
L’implantation du projet : un choix stratégique :
Installer plus de 3 hectares de planchers cumulés sur le site est sans conteste une intervention qui peut avoir de lourdes conséquences sur l’équilibre du site.
Il nous parait alors primordial d’atteindre les objectifs suivant :
-
Eviter le mitage du territoire en disséminant ici et la des parties de programme, ce qui détruirait irréversiblement le caractère paysagé du site.
-
Préserver le caractère paysager du site en optant pour un parti architectural ramassé, concentré, dense pour minimiser l’emprise au sol du projet.
-
Rechercher la meilleure implantation par rapport aux courbes de niveau, de telle sorte à en relever la pente au lieu de la nier.
-
Revégétaliser le site dont on aura préservé la plus grande partie (plus de …).
Programme et pistes formelles :
L’étude du programme va nous permettre de définir des pistes formelles, à même de répondre à l’implantation recherchée mais aussi au fonctionnement adéquat du projet.
Cette lecture fait ressortir 4 grandes familles d’espaces :
-
Les classes, laboratoires, bureaux : ces sont des espaces, simples pouvant être mono orientés et disposés linéairement.
-
La bibliothèque : elle recèle des espaces ouverts pouvant être mono orientés et des espaces fermés pouvant servir de soutènement, elle peut s’organiser linéairement.
-
Les amphis et auditorium, ce sont de grand volume pouvant être éclairés zénithalement ou latéralement, pouvant servir de butée aux terres.
-
Ils peuvent s’organiser autour d’un espace de pas perdus.
Des lors la combinaison de bâtiments linéaires parallèles regroupant chacune des fonctions homogènes peut être une piste valable. (croquis3-4-5-6-7)
Site/ projet : ordre majeur – ordre mineur :
Le postulat de considérer le site comme porteur d’un ordre majeur, le projet architectural ne peut que renforcer cette idée par l’instauration d’un ordre mineur, qui organise les différentes fonctions du programme tout en conférant à l’ensemble une image unitaire, lisible, repérable et puissante. La puissance du site doit s’exprimer par la puissance évocatrice du parti architectural.
Nous sommes devant un exercice de monumentalité nouvelle.
Elle s’inspire aussi bien des grands gestes d’Oscar Neimeyer, que des puissantes superstructures de V.Gregotti, mais tend à se rapprocher des non-architectures poétiques d’E. Embasz avec son architecture enfouie dans le sol.
Du premier nous retiendrons la puissance évocatrice du béton brut, du second la rigueur formelle, tranchante et strictement orthogonale, enfin du dernier choix d’enfouir partiellement une partie du programme.
Le projet : quatre balises posées dans le paysage (croquis 8-9-10-11)
Après avoir défini les pistes formelles en cohérence avec le programme et l’organisation fonctionnelle du projet, d’une part et après les avoir mis à l’épreuve de la logique macro du site, le projet devient un objet simple (sans être simpliste) à appréhender.
Vu de la ville, il ressemblera à quatre balises minérales posées dans le paysage noyées entre les oliviers (à reboiser) et les murs en pierre locale.
Ce minimalisme assumé, évoque pour nous la poésie des constructions de montagnes, profanes ou sacrées qui arrivent à exister dans l’immensité du paysage.
Aller à l’essentiel va nous permettre, en définitive, à tenir le site à marquer le territoire.
Descriptif fonctionnelle du projet :
Le projet se présente comme une main les quatre corps de bâtiment abritant d’est en ouest, l’administration, les 2 blocs de classes et enfin la bibliothèque représentant les doigts reliés entre eux par la rue intérieure qui dessert les amphis et qui joue le rôle de la paume.
Des passages plantés et minéraux aménagés dans l’interstice, des bâtiments, abrités du soleil et du vent, permettent d’arriver du point bas du site (le parking) à la rue, tout en distribuant par moments des accès directes aux différent bâtiments.
Le bloc administratif, organisé en double épaisseur autour d’un patio longitudinal, regroupe l’administration et distinctement les bureaux des enseignants il marque la limite « Est » du projet et se distingue par une place cérémoniale d’accès.
Il est en contact avec le préau qui dessert l’auditorium et par la même, l’ensemble de la rue intérieure.
Les classes sont organisées en deux bâtiments jumeaux qui définissent un passage intérieur réservé aux étudiants qui aboutit à la cafeteria ouverte d’une part au nord sur la rue et la montagne et d’autre part sur la ville en contrebas au sud.
La bibliothèque, autonome marque la limité oust, elle est en retrait pour des raisons de calmes.
Elle reçoit l’ensemble des flux soit à partir de la rue des amphis, soit à partir des différents passages au sol.
Enfin la rue, véritable espace public est le cœur du projet, elle est dimensionnée pour recevoir les 3000 étudiants réunis dans les amphis.
Elle traverse le projet d’est en ouest. A l’est elle dessert l’auditorium et le prolonge pour desservir sur 3 niveaux les amphis pour finir à l’ouest avec un dispositif de rampes pour faciliter l’accessibilité réduite.
La rue profite d’une vue sur la montagne par le biais des talus naturels aménagés entre les blocs amphis (au sud) et s’ouvre sur les passages pour voir la ville en contrebas.
2000 PLACES PEDEGOGIQUES CHLEF
2014
CHLEF, Algérie.
MLM
LES 2000 PLACES PÉDAGOGIQUES : UN DEDANS, UN DEHORS, UNE ÉCHELLE.
Les programmes universitaires, sont complexes, ils recèlent des fonctions très différentes, que ce soit sur le plan dimensionnel ou sur le plan fonctionnel.
Pour nous l’écriture d’un programme universitaire se doit de rester « unitaire » malgré la diversité des programmes qu’il abrite.
On doit pouvoir y retrouver, un dedans, un dehors, une échelle qui donne au projet son statut d’équipement.
LE PROJET : UN MICROCOSME DE VIE :
Le projet s’articule autour du hall/préau
Véritable espace de rencontres et d’échanges entre les étudiants, les enseignants et les visiteurs du projet.
Dimensionné et éclairé généreusement, il articule d’une part, le bloc des classes, bibliothèque et de l’autre le bloc des amphithéâtres puis celui de l’administration/enseignants. Il devient le cœur du projet.
UN CADRE, UNE ÉCHELLE :
L’écriture du projet est volontairement monumentale, elle donne à lire le statut de l’équipement, elle permet sous la dalle fédératrice de la toiture, d’abriter et de donner à lire les différentes parties du programme.
Echelle, lisibilité seront les éléments de lecture du projet.
L’OMBRE ET LA LUMIÈRE COMME INGRÉDIENTS D’ARCHITECTURE :
Chlef est une ville dont le climat est particulièrement rude.
Il nous parait important d’offrir aux étudiants des espaces ombragés ventilés naturellement qui leur permettent de se rencontrer en toute sérénité.
Le travail sur le préau et la coupe de l’ensemble, montre un travail très précis sur les prises de lumière et sur la ventilation naturelle des espaces de regroupements
On notera tout particulièrement l’utilisation de « canons de lumières » corbuséens dans le traitement du hall.
MUTUALISATION DES CIRCULATIONS :
Le parti architectural « compact »nous a permis de mutualiser les circulations de telle sorte à pouvoir « fabriquer »le hall principal sans incidence sur le total des surfaces de plancher à construire .
ACCESSIBILITÉ AUX PMR :
Il est prévu un ascenseur pour personnes à mobilité réduite, installé dans le hall principal qui permet d’accéder à l’ensemble des espaces de classe.
Les amphithéâtres sont calibrés pour permettre l’accès au PMR au niveau bas coté scène.
Le plan RDC met en évidence l’organisation générale du projet.
Un hall/préau monumental triple hauteur est le cœur du projet.il distribue les amphithéâtres et le bloc des activités pédagogiques. Un dispositif d’escaliers/ascenseur pour PMR et passerelles permettent d'accéder aux différents plateaux d’enseignement et à la bibliothèque.
Le bloc administration/enseignants qui ferme le projet au sud est relié au hall par le biais d’une passage/rue inséré entre les amphithéâtres. Son RDC contient les espaces liés au bon fonctionnement du hall/préau et les espaces de réunion et de regroupement des enseignants et des agents administratifs.
Un patio organise quant à lui le bloc pédagogique, les éléments de service (sanitaires et escaliers de secours) sont organisés en blocs autonomes à l’extrémité nord du projet.
Le 1er ETAGE organise autour du patio les classes et les laboratoires au nord et l’administration/enseignants au sud. Une circulation en boucle distribue l’ensemble et surplombe le hall/préau.
Le 2ème ETAGE est réservé à la bibliothèque. Elle s’organise autour du patio. Les salles de lectures sont disposées en enfilade, en façade alors que les espaces de stockage sont disposés côté patio.
Le bloc administration/enseignants s’organise simplement. L’aile" est «est réservée à l’administration alors que l’aile ouest est réservée aux enseignants. Au centre l’escalier principal et l’ascenseur, aux extrémités les escaliers de secours et de service et les sanitaires.
Proposition de réaménagement du site
Notre démarche qui sous-tend la conception d’un projet d’architecture s’appuie sur la clarté et la simplicité des plans ainsi que la lisibilité des différents éléments de programme dans une configuration globale unitaire.
Dans cet ordre d’idées nous souhaiterions étendre ce souci de clarté et de lisibilité a l’aménagement général du site.
Il est primordial, comme dans tout dispositif urbain de dessiner des espaces publics clairs qui organisent la relation entre les différents projets à venir.
Il est tout aussi important de préserver le foncier, et de réduire les dépenses liées à des voiries inutiles et investir plutôt dans le traitement paysager des espaces extérieurs.
L’exercice ne se limite pas à un plan de voiries et réseaux divers!!
Il y a une interaction bâti/non bâti à dessiner.
En conséquence de quoi, les axes de réflexion que nous soumettons à votre appréciation seraient les suivants:
1. Organiser cette partie du site autour de deux axes majeurs, l’un nord/sud mécanique portant l’accès principal de l’université, l’autre est /ouest piéton, planté qui organise l’ensemble des départements et la bibliothèque centrale.
2. A l’intersection des deux axes se situera l’élément repère, la tour du rectorat.
3. Rejeter les voies mécaniques et les parkings à la périphérie de l’espace ainsi dégagé.
4. Etablir des règles architecturales simples pour la conception des départements à venir:
• Alignement le long du mail est ouest
• Gabarit unique r+2 au droit du mail
• Accès piétons aux départements à partir du mail
• Accès mécanique et parking à l’arrière des parcelles...
•
Enfin, il est possible d’adapter la solution architecturale qui corresponde à ces orientations d’aménagement à l’ensemble du site.
La répétition étudiée, organisée n’est pas un handicap, au contraire.
CONCOURS TELEMCEN 2000 LITS
2007
Telemcen, Algérie.
MLM
Et si on changeait d'échelle ?
Un programme réunissant 1000 chambres un restaurant universitaire, une salle d’activités et une salle de sport, mérite qu’il soit vu et lu comme une entité de vie et non pas comme des fonctions disparates.
Ce programme peut, des lors, fabriquer un vrai « lieu de vie » pour peu que les conditions soient réunies pour créer des « espaces partagés » et non pas «des espaces à partager»
Nous proposons, au travers d’une approche quasi « territoriale »
cette lecture « macro » nous permet de distinguer deux sous programmes majeurs.
-
la résidence regroupant les 1000 chambres
-
le forum : véritable espace de convivialité regroupant l’ensemble des activités annexes
L’administration les logements de fonction était de fait considérés à part puisqu'ils concernent une catégorie d’utilisateurs minimes.
Notre attitude est motivée par notre volonté de sortir de la « désintégration » du projet.
En effet, il est courant de considérer le programme en petites entités éparpillées sur un site difficile. Ce « mitage » du site, en plus d’occasionner des surcoûts sur les postes terrassements, réseaux, infrastructure pose surtout un problème de lecture et d’identification du projet en tant qu’entité, puisque les objets individuellement « s’annulent » les uns les autres.
Il n’ y a donc pas de place pour 20 ou 25 petites constructions. Il n’y a de place que pour deux ou trois bâtiments majeurs.
L’architecture est d’abord présence avant d’être usage.
Les intentions d’usage
Partant, de la vocation essentielle d’une résidence pour étudiants, nous nous sommes attachés à rechercher une solution architecturale et « urbaine » (même si le site n’est pas urbain) qui assure :
-
une lecture du projet en tant qu’entité identifiable.
-
une définition, la plus précise possible, des espaces extérieurs de telle sorte à ce qu’ils puissent instaurer convivialité et rencontre et donc créer un sentiment d’appartenance qui en facilité l’usage et en assure le bon vieillissement.
-
La prise en compte des besoins annexes non programmée à savoir des kitchenettes pour éviter aux étudiants d’utiliser des appareils dangereux pour cuisiner (plusieurs incendies ont été causés par les résistances)
-
La mise à disposition de salles communes (travail) pour permettre aux étudiants (es) de réaliser leur travaux de groupe.
-
Le subdivision du projet en sous entités viables (chambres) pour que des complicités s’installent.
Ces attentions particulières gênèrent des surcouts (10%) pour les absorber, la solution architecturale doit assurer une économie du même ordre pour nous permettre de les réaliser sans incidences financière sur l’enveloppe prévue.
L’idée : l’histoire comme source d’inspiration
L’histoire de l’architecture et particulièrement algérienne contemporaine, nous donne des exemples réussis de ce genre de challenge.
L’énorme travail de FERNAND POUILLON en matière de logement social est une véritable mine d’or en matière d’économie de moyens de justesse d’implantation et d’échelle et de simplicité de réalisation FERNANT POUILLON créeait de la ville, de la vie avec un module de pierre, un claustra de terre cuite et 2 ou 3 type de fenêtre.
Des lors, la leçon des 200 colonnes à beau fraisier allait nous donner des éléments de réponses à notre problématique.
1000 chambres pour étudiants (es) peuvent constituer, si l’échelle est juste, un repère physique et un lieu de vie.
De même, les activités annexes peuvent regroupées en un seul bâtiment, assurer un saut d’échelle qualitatif pour offrir une présence de véritable FORUM »
Calé astucieusement sur le site il peut créer un rapport intéressant avec la résidence.
PLACES PEDAGOGIQUES EULMA
2010
Eulma, Algérie.
MLM
4000 Places pédagogiques : Inscrire l’architecture plutôt que de l’écrire
La définition de l’espace urbain repose sur la cohérence entre la topologie des espaces extérieurs et la typologie des éléments bâtis (dans le cas qui nous préoccupe, le projet des 4000 places s’inscrit dans la typologie des Bloc-ilot).
Il occupe l’emprise de la parcelle elle-même limité par des passages piétons qui relient le bas et le haut du terrain.
Cette inscription, volontairement perpendiculaire aux courbes de niveaux implique une organisation simple et efficace.
Une rigueur en plan, une efficacité en coupe : rigueur planimétrique, efficacité transversale.
Le projet s’organise en coupe.
Des niveaux protocolaires s’étayent sur trois niveaux à partir de l’accès haut du projet, celui qui donne sur le jardin et l’entée protocolaire du campus. Les niveaux estudiantins (classes, laboratoires) s’organisent sur trois niveaux décalés à partir de la cote basse du terrain (-12 m), ou se situe la zone estudiantine en rapport avec l’hébergement.
La bibliothèque, la scolarité et l’infirmerie se calent entre les deux, au RDC haut et permettent de créer un tampon entre les espaces de vie des étudiants et les espaces de vie du personnel enseignant et de l’administration. Il se décline sous forme de deux épaisseurs continues de part et d’autre d’un espace central, une sorte de forme en escalier.
L’espace central : le forum large d’une quinzaine de mètres, s’installe en escalier sur la pente du terrain pour intégrer les amphithéâtres, étagés, décalés qui sont autant de placettes articulés par des escaliers et des rampes qui permettent une socialisation des étudiants.
Les épaisseurs latérales sont traversés pars des ailes de services qui permettent une irrigation verticale rapide entre les niveaux.
Compte tenu de l’aspect compact du projet, et du nombre, important d’usagers, nous préconisons la mise en place de coursives tout le long des façades, qui ont un double rôle le premier est l’évacuation de secours directe des locaux. La deuxième est qu’elles stabilisent horizontalement les façades et joue le rôle de brise soleil pour les façades sud (les bâtiments étant orientés Nord /Sud).
Les étages protocolaires s’organisent en U autour d’un Hall double hauteur calé sur la cote haute du terrain et s’ouvrent autant sur le paysage extérieur que sur le forum.
L’écriture architecturale : une puissante simplicité :
C’est sans doute dans une approche « Vitruvienne » que nous avons poursuivi notre travail en plan (le triptyque « Solidité- beauté- usage ») nous a conduit à imaginer une structure porteuse qui soit en fait l’écriture même du bâtiment. La logique de « boites percées », largement économique et antisismiques nous a prédéterminé l’écriture des façades du projet qui se décline par une combinaison de fenêtres toutes hauteurs verticales alternées avec des pleins (voiles en béton) le tout entrecoupé par les horizontales des coursives et les volumes saillants des escaliers de secours ( le total des ouvertures verticales par salle de classe équivaut à une fenêtre horizontale filante de 1.20 m de hauteur) .
En conclusion la rigueur dans la définition du bâti se poursuit à l’intérieur pour atteindre une symbiose complète entre l’échelle urbaine, l’échelle architecturale et l’échelle du détail constructif.